Le Khôl : Bien plus qu'un trait de liner, un héritage africain gravé dans le regard

Le Khôl : Bien plus qu'un trait de liner, un héritage africain gravé dans le regard

PUBLIÉ LE 10 February 2026

Si vous pensez que l'œil de biche ou le "cat-eye" est né dans les studios d'Hollywood ou sur les podiums parisiens, détrompez-vous. Pour trouver l'origine du regard le plus fascinant de l'histoire, il faut remonter bien plus loin, vers les sables d'Égypte, les montagnes du Maghreb et les terres de la Corne de l'Afrique.

Le khôl n'est pas qu'un simple cosmétique. C'est un survivant. Il a traversé les millénaires, des pharaons aux reines berbères, pour rester aujourd'hui l'outil ultime de celles et ceux qui veulent un regard avec une âme.

Une protection avant d'être une coquetterie

Dans l'Antiquité, on ne se maquillait pas seulement pour plaire. En Afrique du Nord et au Sahara, le khôl était une nécessité. Avant l'invention des lunettes de soleil, ce trait noir servait de rempart contre la réverbération brutale du soleil et les vents de sable irritants.C'est ce qui explique pourquoi, traditionnellement, le khôl était appliqué sur tout le monde : femmes, hommes et enfants. Il avait une fonction quasi médicinale. Les anciens utilisaient des poudres minérales broyées (souvent de la galène) pour apaiser les yeux fatigués par la lumière crue du désert. C'est cette dualité entre le soin et le style qui fait du khôl un produit à part dans l'histoire de la beauté.

Le point vérité : Pourquoi il faut bien choisir son khôl aujourd'hui

C'est ici qu'il faut être vigilant. Si vous achetez du khôl traditionnel sur un marché sans en connaître la source, soyez prudents.

- Le risque du plomb :
Historiquement, le khôl était composé de sulfure de plomb (galène). Si certaines études suggèrent que les Égyptiens maîtrisaient des dosages capables de stimuler le système immunitaire oculaire, le plomb reste une substance toxique pour l'organisme.

- La version moderne :
Aujourd'hui, pour sublimer votre regard en toute sécurité, le khôl cosmétique a troqué le plomb contre des pigments minéraux inoffensifs (comme les oxydes de fer) ou du carbone végétal, souvent mélangés à des huiles ou des cires naturelles pour le confort.

Pourquoi on l'aime le khol?

A la différence de l'eyeliner liquide qui est précis le khôl, lui, est vivant.

Sa texture poudreuse ou grasse (selon sa forme) permet de travailler le regard de manière intuitive. Il ne cherche pas la perfection géométrique ; il cherche la profondeur. En l'appliquant au ras des cils et en l'estompant légèrement au doigt, on obtient cet effet "smoky" naturel qui donne immédiatement un air mystérieux et habité, sans avoir l'air "trop maquillée".

C'est le secret d'une beauté qui semble venir de l'intérieur, une élégance un peu brute, moins artificielle que les produits de synthèse modernes.

Le khôl est le témoin d'une époque où l'on ne séparait pas la beauté du bien-être. En l'utilisant aujourd'hui, on ne fait pas que souligner ses yeux : on se connecte à un savoir-faire millénaire qui a compris, bien avant nous, que la zone du regard est la plus fragile et la plus précieuse de notre visage.

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